Ça sentait les fêtes
Publié par cedric - le 16/07/2008

CONSEIL MUNICIPAL.Séance calme. L’opposition a seulement voté contre une subvention à l’école Notre Dame et le règlement de la consultation médiathèque

:Jean-Pierre Dorian

Il y avait des odeurs de Madeleine, hier soir, dans la salle du Conseil. Et Proust n’y était pour rien. Des relents d’été, aussi. Et sûrement un peu de lassitude de la part de conseillers municipaux particulièrement sollicités depuis le mois de mars dernier, qui enchaînaient là leur septième séance en moins de quatre mois?
Avec tout cela, il n’y a pas eu les empoignades habituelles, donc. Certes, l’opposition a joué son rôle en votant contre deux délibérations : la sixième, portant sur la participation de la ville au financement de l’école privée Notre-Dame et la dernière, visant à adopter le règlement de la consultation sur la médiathèque. Consultation qui se terminait? hier soir et dont le dépouillement aura lieu dès ce matin, 11 heures, dans la même salle du Conseil.
Oh, bien sûr, il y a eu débat sur l’école privée et la proposition de la majorité de passer de 297 à 612 euros par enfant le montant d’une subvention censée estimer le coût réel d’une de nos têtes blondes. Michèle Peguy, au nom de l’opposition, ne pouvait pas rater cela : « Soit, 297 euros n’est probablement pas la somme adaptée. Mais l’augmenter de 100 % pour la doubler d’un coup est un choix qu’il faut pouvoir assumer, à une époque où l’Éducation nationale n’est pas vraiment une priorité affichée? »
La réponse de Bernard Depons, pour la majorité, ne tardait pas. « J’entends votre argumentation à ceci près qu’il ne s’agit pas d’un choix de la municipalité, mais bien de l’application d’une loi. Laquelle nous a valu un rappel à l’ordre de la part du préfet? »

Pigeons voyageurs. Choix politique masqué pour les uns, simple procédure visant à se mettre en conformité pour les autres, il ne risquait pas d’y avoir unanimité sur ce cas. Au contraire de 13 des 15 autres délibérations. Y compris sur celle visant à créer, dès le 1er octobre prochain, une régie municipale des fêtes et animations.
Juste le temps pour Renaud Lagrave de s’autoriser un bon mot, s’excusant « de faire un peu de politique, puisque madame le maire ne veut pas qu’on en fasse » et expliquant qu’il serait « compliqué pour son camp de s’opposer à la création d’une régie? »
De quoi lancer Geneviève Darrieussecq, au ton badin, sur le devoir pour chaque conseiller municipal de faire en sorte que les fêtes à venir soient réussies. Et se déroulent dans un climat de sécurité optimum, fermeture à 4 heures du matin ou pas. « Je compte sur chaque conseiller municipal pour être dans les rues à cette heure-là. Pour certains, je n’ai même aucun doute? »
Mais Ségolène Dauga n’était elle visiblement pas là pour sourire. Et ferias à venir ou pas, la question de la vraie-fausse consultation la pousse à une longue sortie sur « les règles qui n’ont pas été respectées, cette délibération quasiment hors délais » et le risque de voir le résultat faussé, puisque pour un peu on aurait pu voir des « pigeons voyageurs ramener les bulletins à la mairie. »
Même pas de quoi ébranler les certitudes de madame le maire, pour qui « cette consultation reste purement consultative (sic) » et dont le résultat sera « pris en compte au moment de donner une réponse argumentée ».
Et puisque tout le monde insiste pour entériner la réponse en question sur le oui ou non à la médiathèque, allez, va pour un autre conseil municipal avant la fin du mois de juillet? Juste après les fêtes, quoi.